Deux médailles de bronze du CNRS

Marie Le Merrer (équipe Liquides et Interfaces) et Béatrice Ruta (équipe SOPRANO) se sont vu décerner la médaille de bronze du CNRS 2020.

La médaille de bronze récompense les premiers travaux consacrant des chercheurs et des chercheuses spécialistes de leur domaine. Cette distinction représente un encouragement du CNRS à poursuivre des recherches bien engagées et déjà fécondes. Les remises de médailles se sont déroulées le 14 juin 2021.

business

Chargée de recherche au CNRS, Marie Le Merrer est membre de l'équipe Liquides et Interfaces de l'Institut Lumière Matière.

Sa thématique de recherche est le comportement des fluides complexes dits "à seuil", intermédiaires entre solides et liquides, tels que les mousses, les microgels de polymères comme le gel à cheveux, ou les pâtes minérales comme le ciment frais. Ces fluides se rencontrent dans une large gamme de situations, tant dans l'industrie (extraction de minerai, dépollution, mise en œuvre des matériaux, etc) que dans la vie quotidienne : mousse au chocolat, dentifrice, etc.

Marie cherche à faire le lien entre le comportement macroscopique des fluides (rhéologie, stabilité) et les processus à petite échelle telles que la dynamique des bulles et des films de savon qui constituent une mousse. Elle s'intéresse également au rôle des parois, qu'elles soient fluides ou solides, sur les écoulements de fluides complexes. Avec Anne-Laure Biance et François Detcheverry, et en collaboration avec Peter Spelt du Laboratoire de Mécanique des Fluides et d'Acoustique, elle étudie le rôle des molécules de savon et leur couplage avec les écoulements dans les films de savon et les mousses. L'objectif est de comprendre pourquoi la stabilité d'une mousse varie de façon extrêmement sensible avec les propriétés des tensioactifs. Avec Catherine Barentin, elle cherche à comprendre le comportement de microgels de polymères (carbopol) dans plusieurs phénomènes où les parois jouent un rôle prépondérant. Les travaux de thèse de Justin Péméja ont notamment mis en évidence la transition entre deux régimes de glissement lorsque le fluide passe dans un canal microfluidique. Enfin, avec Jean Colombani et Catherine Barentin, elle a fait le lien entre les propriétés élastiques d'une suspension colloïdale de carbonate de calcium et les interactions entre les surfaces minérales, qui sont notamment très sensibles aux conditions ioniques dans ce système utilisé comme modèle du ciment à l'état frais.

A l'avenir, Marie souhaite étendre ses recherches à l'amélioration des matériaux poreux, notamment minéraux (ciment, plâtre...), élaborés par moussage. D'une part, il s'agit d'explorer la dynamique élémentaire du moussage, qui est la création d'un film de savon, quand le fluide est une pâte complexe. D'autre part, elle souhaite mesurer la cinétique de prise in situ dans une mousse minérale grâce à des mesures de spectroscopie infrarouge en collaboration avec l'équipe Soprano.

Découvrir Marie en vidéo


Chargée de recherche au CNRS, Beatrice Ruta est membre de l'équipe Soprano.

Sa carrière scientifique a toujours été concentrée sur la compréhension des propriétés dynamiques des matériaux hors d’équilibre tels que les verres et les gels, dans le but de dévoiler les mécanismes microscopiques sous-jacents à leurs propriétés macroscopiques. Dans les dernières années, Beatrice a proposé et utilisé avec succès la technique de spectroscopie par corrélation de photons des rayons X au synchrotron européen ESRF, pour étudier pour la première fois la dynamique atomique dans des verres structurels comme les silicates et les verres métalliques, en ouvrant une nouvelle ligne de recherche.

Ses travaux lui ont donné le prix « Jeune Scientifique 2015 » de l’ESRF.

En particulier, avec Valentina Giordano (membre de l’équipe énergie), Beatrice a étudié les processus microscopiques qui sont responsable du vieillissement dans les verres métalliques. Les deux chercheuses ont montré l’existence de deux mécanismes de relaxation qui sont dus à un lien très fort entre les changements structurels et les mouvements des atomes.

Avec Sylvie Le Floch (membre de l’équipe énergie), les deux chercheuses se sont intéressé aux propriétés dynamiques des verres ultrastables, une nouvelle famille de verres très intéressantes d’un point de vue applicatif.

Récemment, en collaboration avec un professeur de l’Université de Siegen (Allemagne), Beatrice a également coordonné plusieurs groupes de recherche internationaux afin de développer  un rapport conceptuel pour la construction d’une nouvelle ligne de lumière à l'ESRF, entièrement dédiée à des études sur des systèmes complexes avec les rayons X cohérents. Suite au succès de travail, Beatrice a été nommé successivement « porte-parole scientifique » de la nouvelle ligne de lumière proposée (désormais appelé projet EBLS1). Ce projet a été considéré comme l'un des projets phares de l'actuelle mise à niveau de l’ESRF, le « Extremely Brilliant Upgrade ».

 

 

Scroll To Top