
Plus on est, mieux ça coule !
Lokendra P. Singh, Bruno Issenmann & Frédéric Caupin (Equipe Liquides et Interfaces ) ont publié un article intitulé "Pressure dependence of viscosity in supercooled water and a unified approach for thermodynamic and dynamic anomalies of water" dans la revue Proceedings of National Academy of Sciences USA.
Quiconque se déplace aux heures de pointe sait que plus dense est la foule, plus lent est le mouvement. Les liquides suivent cette loi, sauf l'eau froide : sous pression l'eau devient plus dense, mais sa viscosité diminue ! Cet effet, dû à la rupture progressive des liaisons hydrogène dans l'eau, s’amplifie quand la température diminue. On s’attend donc à un effet encore plus marqué pour l'eau surfondue, qui reste liquide au-dessous du point de fusion de la glace. Pourtant, aucune donnée n'était jusqu'ici disponible dans ces conditions extrêmes. Les auteurs ont construit un appareil qui leur a permis de mesurer la viscosité de l’eau jusqu'à -29°C et 3000 atmosphères, révélant que la pression peut réduire la viscosité de près de moitié ! Ils proposent l’extension d’un modèle qui traite l'eau comme un mélange de deux espèces dont la proportion varie avec la température et la pression. Le nouveau modèle fournit une explication simple, quantitative et unificatrice des anomalies thermodynamiques et dynamiques de l’eau.
14/04/2017
